à la Une

Bienvenue !

Bonjour à tous et à toutes !

Je suis enchantée de vous accueillir comme visiteur, même si vous vous êtes passés là par hasard, par curiosité, ou par erreur ! L’erreur est humain non? Et parfois même, les erreurs permettent de belles découvertes !

Ici, abandonnez tous rêves de grandeur, de succès ou même de célébrité, vous êtes ici sur la page d’une petite travestie qui essaie, tant bien que mal, de se frayer un chemin dans la vie, entre ses doutes et ses peurs et entre ses désirs et ses rêves…

Alors entrez, brave gens, et bonne lecture !

Publicités

Sortir Acte II

Samedi soir a été l’occasion de sortir en club avec des amies. Un club ouvert aux libertins et au troisième sexe, ce samedi été également le soir de l’élection de « Miss trans et trav ». Comme y participer ? S’inscrire et danser un petit peu devant tout le monde.

Et pourquoi pas?

Choix d’une tenue sexy, maquillage impeccable, cheveux bouclés, et ne restait plus qu’à…

Arrivées sur place, nous prenons nos marques mes amies et moi, avant que démarre l’élection : chacune leur tour, les filles inscrites venez défiler et danser sur le podium sur une musique de Beyoncé, puis vint mon tour…

Le stress, l’appréhension ? Envolés. Je suis montée sur cette estrade, devant ces personnes et j’ai dansé, sans peur des critiques ni des regards.. pourquoi ? Parce que j’étais entourée par des personnes comme moi. J’étais chez moi : pourquoi avoir peur de se faire critiquer quand nous sommes entourés de personnes qui sont comme nous ?

Résultat de l’élection? J’ai perdu, mais je ne pouvais m’attendre à gagner, surtout pour une toute nouvelle, arrivée fraichement, comme une cheveu dans la soupe. Tout le restant de la soirée, je n’ai pas bougé de ma place… celle de la barre de pole dance. Je n’ai pas arrêté de me déhancher sur ce podium pendant le restant de la nuit, comme pour libérer toute cette retenue et cette peur que j’avais accumulée depuis ces années.

Bref, une soirée inoubliable…

Double réalité

Lucie,

Aujourd’hui je ne sais plus qui tu es. Une partie de moi, un caractère, ou ma véritable personnalité…

Je me vois essayant de t’atteindre, pour savoir qui tu es, mais je n’y arrive pas. Un voile de brume t’entoure, et dès que je pense t’atteindre, tu m’apparaît toujours plus lointaine.

Avant, je savais qui tu étais, ce que tu représentais : tu étais mon moi féminin, cette petite part de féminité que tout le monde possède, qui était chez moi, un peu plus exacerbée que la « normalité »

Le temps passe, et tu agis comme un feu qui consume tout autour de toi… Grandiose et flamboyant, certes, mais dévastateur. Entends-moi, sauves-moi…

Vas-tu me consumer ? Ou bien vais-je en renaître ?

Mes chers parents

A mes chers parents, je souhaite vous écrire ses quelques mots, le coeur à nu, sans masque ni frasque.

Peut-être que cette lettre ne vous parviendra jamais, peut-être que je n’aurai jamais le courage de vous faire lire ses quelques mots, mais je souhaitais le faire pour diverses raisons. Le temps avance, mes démons me poursuivent et je ne sais pas ce qu’il pourrait advenir à l’avenir. Je ne sais pas ce que je suis à cet instant et encore moins qui je serai à l’avenir, alors pardonnez-moi..

Pardonnez-moi de vous montrer une façade, pardonnez-moi de vous mentir sur la personne que je suis, pardonnez-moi pour ce que je ne suis pas.

Vous qui avez été toujours là pour moi, verrais-je de la déception dans vos yeux face aux vérités qui m’accablent? Serez-vous prêts à m’aider et me comprendre, ou bien allez-vous me tourner le dos si je décide de vous en parler? La dernière possibilité me serait insupportable…

Je suis votre fils, tout en souhaitant secrètement avoir voulu être votre fille, j’ai grandi comme tel, accompagné de tout l’amour que vous m’avez apporté et des valeurs que vous m’avez inculqué. Mais je doute, qu’au moins une fois, vous n’aillez pas remarqué ma différence. Dès bribes d’enfance me reviennent : un bisou sur la bouche d’un garçon qui étaient quelque chose de « pas bien », des petites phrases « je voudrais être une fille » balancé du haut de mes 6/7 ans… Et puis, plus rien, j’ai assimilé que c’était « mal », et je me suis caché. Comme on dit, pour vivre heureux, vivons caché.

Mon enfance n’a jamais été triste, loin de là soyez-en rassuré, mais j’ai toujours eu cette impression de manque, ou pire, de ne pas être à ma place. Cette impression de quoi qu’il se passe, et ou que j’aille dans la vie, je ne sois pas complètement moi-même. J’aimerai tant vous en faire part et écouter vos conseils, mais quel seraient-ils au final?

J’aimerai vous faire part de mes doutes, vous parler de ma peur des autres et de leurs regards, et vous entendre me rassurer, me dire que même dans ce monde de fous, vous serez toujours derrière moi, qu’importe mes choix et mon parcours… Une utopie d’entendre cela? Surement, d’autant plus si cette lettre n’est jamais lue..

Au final, Il est si simple de se livrer par écrit, mais dans la réalité c’est autre chose…

De jour comme de nuit

Dimanche 3 février, Week-end particulier sur Lille : c’est le salon LGBT. Situé vers la place du Sebastopol, il accueil tous les deux ans des exposants et des associations LGBT.

Quelle formidable occasion d’y aller non ?

Quand bien même les stands et les associations, certaines amies « virtuelles » connues via Facebook devaient y faire un petit saut.

Encore une raison d’y aller non ?

Après une semaine de réflexion à me demander si j’aller y aller ou non, je me décide, sous l’impulsion de quelques amies et leurs paroles bienveillantes, d’y aller ce dimanche.

La journée à peine entamée, je commence à m’apeurer, tout en n’écartant pas l’idée de ne pas m’y rendre… Après quelques instants de doutes, je décide de me préparer pour m’y rendre. Je choisis des vêtements passe partout, maquillage léger, cheveux bouclés ( Miss Bouclette !!!) et c’est parti…

Aucun voisin sur le chemin, j’arrive sans encombre jusqu’au lieu du salon. Miracle, de la place pour se garer à 200 mètres. Malgré cette proximité, je reste tétanisée à l’idée de sortir et marcher dehors en plein jour, à la vue des passants. De longues minutes s’écoulent… je regarde les passants, et me dit qu’une fois le prochain passé je me lance… bon il m’en a fallu 10/15 de passants mais je me suis lancé !

Par chance, peu de gens sur le chemin, et je me suis vite retrouvée à l’entrée du salon. Une fois à l’entrée, une chose merveilleuse s’est passée : l’anonymat, paraître normal pour les gens que l’on croise. C’est apaisant, reposant. On se rend compte que l’on se fiche de ton apparence, que ces choix n’appartiennent qu’à toi. On te regarde sans faire réellement attention, ou bien des regards bienveillants. Le pied.

De belles rencontres lors de ce salon également, j’ai vue des amies virtuelles en réel… quelle joie de leur parler de vive voix !

ce fut un réel plaisir de sortir, dans un milieu ouvert, et se sentir soit-même. On prend conscience que le passing n’est pas degeu, et que je peux avoir confiance en moi, et à l’image de la femme que je peux dégager. Le paraître est là.

On se prend en mains, pas à pas, mais cela reste difficile. Même si la difficulté est là, je continuerai à mener le combat…

Un modèle unique.

J’entends parfois « Lucie, tu es un modèle pour moi, j’aimerai te ressembler« .

Mais… un modèle pour quoi?

Je me débrouille pas trop mal en maquillage, je commence à avoir un peu de goût pour m’habiller… mais à part cela? C’est beaucoup pour certains me direz-vous, mais est-ce vraiment tant que ça?

Ce que je sais, je l’ai appris des tutoriels sur le net, de mes longues heures à contempler la gente féminine dans leur manière de s’habiller, ou encore grâce à des conseils glanés au fil de rencontres diverses et variées…

J’ai également eu ce même discours pendant un temps, à vouloir prendre exemple sur des « filles » talentueuses et au charisme débordant. Mais au final, souhaitons-nous vivre comme le double parfait d’une personne, ou bien vivre pour soit, avec notre propre style ?

Je cherche donc à être moi-même maintenant, et tenter d’être unique.

Au final, c’est l’expérience et les échecs vestimentaires et cosmétiques qui m’ont permis d’avoir cette expérience… alors les amies, tentaient !

Devenez vous-même : unique et un modèle à part entière.

2018

Une année s’achève ce soir, et comme pour beaucoup, sonne l’heure des comptes.

Beaucoup trop de ça, pas assez de cela, et on se promet de faire des efforts à partir du premier jour de l’année… Mais pour combien de temps?

Quel bilan pour moi?

D’avantage au naturel et avec bien moins d’artifice, je commence à me débrouiller au niveau maquillage, j’ai une garde robe bien remplie, mes premières rencontres avec des amies « virtuelles », mes premiers pas en public..

Un bon bilan me direz-vous ? Certes, certes…. mais pas assez pour moi apparemment.

Je vais peut-être passer pour une co****e, ou bien une insatisfaite, mais cela reste trop peu pour moi.

Pourquoi? Insatisfaite de nature, je cherche la perfection à longueur de temps, peur des autres… plus important, et d’autant plus gênant, je ne souhaite pas aborder les questions de fonds qui me freine. Comment avancer convenablement dans cette situation ? Quelle question…

Ma promesse d’effort pour 2019 ? Tenter de répondre à cette question.

D’ici là, wait and see…

Bonne fin d’année 2018.